Enjeux de la session de mai du Groupe du Centre
13 mai 2026
Non à un SMIC français
Le Centre ne soutient pas l’initiative sur le salaire minimum cantonal. Il se déclare confiant dans le modèle actuel et éprouvé, pilier de notre stabilité et de la réussite de notre pays : le partenariat social. A ce système rigide, proposé par les initiants, il faut répondre par les conventions collectives : ce sont des outils efficaces et flexibles, qui tiennent compte des réalités des secteurs économiques et favorisent le dialogue et le compromis.
Introduire un salaire minimum cantonal consisterait à affaiblir ce modèle éprouvé, en substituant une logique politique à une dynamique de négociation. Un salaire horaire minimal est en réalité impraticable. Les auteurs l’admettent eux-mêmes en introduisant déjà une exception pour le secteur agriculture et d’autres dérogations. Nous n’avons pas voté sur les 22.-/h brut que déjà l’on sait que certains n’auraient, quoiqu’il en soit, pas droit à ce minimum.
Pour Le Centre, cette mesure ne résoudra ni la hausse du coût de la vie, ni le travail au noir, ni même la sous-enchère salariale comme le montrent les exemples de Genève ou du SMIC français. Pire, cette initiative envoie un signal trompeur : celui qu’un salaire de 4’000 francs brut mensuel serait garanti pour tous et suffirait, au lieu de s’interroger sur les charges incompressibles des ménages valaisans, toujours plus élevées sans être corroborées par l’amélioration de notre qualité de vie.
Carole Melly, députée
Oui à un AG Valais pour les jeunes
Nous proposons l’introduction d’un abonnement général cantonal pour les jeunes, afin de remplacer les rail-checks, système complexe devenu obsolète. Cet abonnement offrirait un accès illimité aux transports publics valaisans et répondrait mieux aux besoins de mobilité de la jeunesse, acteur clé de la transition durable, tant pour leurs déplacements scolaires que pour les loisirs.
Le postulat a été initialement accepté par 92 voix contre 18. La réponse apportée par le Conseil d’Etat surestime les coûts d’un AG valaisan pouvant être négocié avec les compagnies de transport public largement soutenues par notre canton. De plus, elle omet la simplification de la gestion de ces abonnements.
Après la présentation de ses arguments devant le plénum, le Grand Conseil a confirmé son soutien au texte du Centre Valais romand qui devra désormais être mis en œuvre dans un délai de 18 mois. Une belle victoire pour notre groupe.
Delphine Michaud, députée
Une baisse fiscale pour les entreprises chaque 2 ans ?
Deux motions proposaient une nouvelle baisse de la fiscalité des personnes morales en Valais. Si l’objectif d’un soutien aux PME n’était pas contesté, c’est le moment choisi qui a conduit à notre refus. Le Grand Conseil a déjà adopté récemment deux importantes réformes fiscales : l’une concernant les personnes morales en 2024, l’autre les personnes physiques en 2025. Lancer une nouvelle baisse d’impôts sans avoir évalué les effets des précédentes réformes serait prématuré. De plus, les conséquences de la suppression de la valeur locative sur les finances cantonales et communales restent incertaines. Et finalement, dans un contexte marqué par de nombreux défis – dangers naturels, santé ou soutien à la jeunesse – la prudence budgétaire reste indispensable. Malheureusement, le parlement en a décidé autrement.
Charlotte Thétaz, Députée-suppléante
Un crédit-cadre pour nos hautes-écoles
Le lundi 4 mai 2026, le Grand Conseil valaisan a majoritairement accepté l’entrée en matière relative à l’octroi du crédit-cadre destiné au financement des hautes écoles valaisannes. Ce vote marque une étape importante pour l’avenir de la formation et de la recherche dans notre canton, notamment en vue de l’accréditation institutionnelle d’UniDistance prévue en 2027. Depuis plus de 30 ans, le Valais développe un écosystème performant favorisant l’innovation, l’employabilité et la rétention des talents. Ce crédit permettra de consolider ces acquis, de renforcer la coordination entre institutions et de soutenir des domaines stratégiques comme la santé, le numérique et l’environnement. Le Centre Valais romand est pleinement satisfait de ce résultat et a dès le début fermement soutenu l’octroi de crédit pour que notre Canton rayonne à l’échelle de la Suisse et de l’international.
François Vaudan, député-suppléant
Oui à une révision du processus d’affermage des lacs
Le parlement a accepté à l’unanimité une motion qui demande d’adapter la loi cantonale sur la pêche (LcSP) concernant l’affermage des lacs.
Le Groupe du Centre défend ardemment notre tissu associatif. Lors de la dernière mise en location des lacs, de nombreux problèmes et de vives tensions sont apparus : plusieurs sociétés historiques ont perdu leur plan d’eau au profit de structures extérieures.
Ce texte demande au Conseil d’Etat de réviser la loi cantonale afin d’améliorer ce processus d’affermage, de prioriser les sociétés locales et de rendre obligatoire l’accord du propriétaire du bien-fonds.
Corentin Zuber, député
Un financement pérenne de notre réseau routier
En réponse au postulat interpartis (Centre, Mitte, UDC, PLR) demandant une vision à long terme et un financement pérenne du réseau routier cantonal, le Conseil d’État met en évidence un retard important d’entretien, avec des besoins évalués à près de 200 millions CHF par an contre 70 millions actuellement investis. Une expertise du patrimoine routier ainsi qu’une planification à long terme seront réalisées par l’exécutif, et des solutions de financement durables seront proposées afin d’éviter la dégradation du réseau et garantir sa sécurité. Dans l’intervalle, les taxes et recettes liées à la route sont déjà directement affectées au maintien de la substance de ce dernier.
Nathan Bender, chef de groupe
De la proportionnalité dans la mise en œuvre des exigences incendie
La sécurité incendie est essentielle, mais les exigences administratives doivent rester compréhensibles, proportionnées et applicables. Aujourd’hui, de nombreuses sociétés, communes et organisateurs font face à des contraintes trop lourdes, menaçant des événements essentiels à la vie sociale et culturelle de notre canton. Préoccupés par cette situation, nous avons interpelé le Conseil d’Etat et obtenu de sa part :
- Un délai pour la mise en consultation de l’ordonnance sur les contrôles incendie, soit durant le 2e trimestre 2026 ;
- La confirmation de son attention d’adapter les règles en matière de contrôles aux risques réels, avec 4 catégories de bâtiments ;
- Une intention de re-revoir la check-liste de contrôle et particulièrement la nouvelle rubrique apparue au chapitre 4 transmettant la responsabilité au signataire de « garantir la sécurité des personnes » .
Nathan Bender, chef de groupe
Lois sur l’École Valaisanne
Cette semaine, le Grand Conseil s’est prononcé sur les nouvelles lois relatives à l’École Valaisanne. L’occasion pour notre groupe d’affirmer un message politique fort plaçant la responsabilité, une valeur centrale de notre parti, au cœur de l’école du 21e siècle.
- Garantir une répartition pragmatique des rôles entre école et famille, entre élèves et enseignants, entre canton et communes.
- La cantonalisation des directions d’école a fait débat. Mais au regard des situations de crise auxquelles les écoles doivent faire face, la cantonalisation s’impose comme une évolution naturelle. Des garde-fous pratiques à une centralisation trop forte et une collaboration étroite entre canton et communes devront toutefois se mettre en plac Les tâches de proximité telles que l’organisation des transports, les horaires, les repas,… resteront en main communale.
- La gauche a tenté d’introduire des éducateurs sociaux dans les écoles. En vain… C’est auprès des familles que le soutien social doit s’opérer.
- Dans le même ordre d’idées, notre parti a tenu à prévenir une judiciarisation trop forte de l’école.
- Autre grand débat, la neutralité politique et confessionnelle : Quelle neutralité voulons-nous ? Veut-on d’un état qui impose une vision culturelle ? Veut-on d’une neutralité impersonnelle qui censure ? Nous voulons plutôt un Valais où chacun peut exister tel qu’il est et où les gens se parlent pour partager leurs croyances et leurs convictions. Rappeler l’importance du dialogue et du verbe, c’est peut-être là que l’héritage culturel de notre canton est appelé à s’incarner. Hors de tout individualisme, l’héritage chrétien a sa place dans cette loi.
Ce faisant, le projet de loi pose des repères solides pour l’avenir et mise sur l’innovation : la stratégie numérique et la possibilité de mettre en œuvre des projets pilotes favorisent, à ce titre, la créativité pédagogique.
Le Centre a ainsi obtenu plusieurs victoires en plénum :
- Amendement 30 : Le soutien aux enseignants avec une collaboration exigée des parents.
- Amendement 143 : La possibilité de prendre des mesures disciplinaires en lien avec les activités sur les réseaux sociaux.
- Amendement 164 : L’encadrement de l’utilisation des outils numériques au sein de l’école
- Amendement 150 : Renforcer le dialogue entre les parents et l’école
- Amendement 4 (LEDeS) : L’ajout de la notion de spiritualité dans les compétences apportées aux élèves
En attendant la 2e lecture, l’ensemble donne lieu à un résultat intermédiaire positif qui est le fruit d’un travail de longue haleine pour les élus du Centre VR. Il faut saluer le travail de notre Conseiller d’Etat et de ses services, des commissaires, des porte-paroles au plenum et des travailleurs de l’ombre qui se reconnaîtront.
En grande partie, ce projet est le nôtre.
Sandro Fontana, Périne Vouillamoz, Pascal Praz, Mariève Blanc-Ballestraz, Delphine Deprez-Favre, Olivier Moser

