Votations fédérales du 8 mars 2026 – Prise de position du Centre Valais romand
10 février 2026
A l’approche des votations fédérales du 8 mars 2026, le Conseil de parti du Centre Valais romand s’est réuni mardi soir, à l’invitation de la section de Saillon, pour débattre et arrêter ses prises de position sur les objets soumis au peuple.
Le débat a été nourri mais les décisions sans ambiguïté. A l’issue des échanges, le Conseil de parti a arrêté des mots d’ordre clairs et largement soutenus par ses membres : 4x non dans les urnes !
Voici les positions et le résultats des votes du Centre Valais romand
- Compliquée, injuste, chère : NON à l’imposition individuelle
Contre-projet indirect à l’initiative populaire « Pour une imposition individuelle indépendante de l’état civil (initiative pour des impôts équitables) ».
Le Conseil de parti du Centre Valais romand eu le plaisir d’accueillir Blaise Fasel, nouveau secrétaire général du Centre suisse, qui est venu présenter et éclairer les enjeux de l’initiative pour l’imposition individuelle.
Cette initiative, déposée par les Femmes PLR, vise à supprimer la pénalisation fiscale du mariage en passant de l’imposition du couple à l’imposition individuelle. Chaque personne serait imposée séparément, indépendamment de son statut civil, avec l’objectif affiché de renforcer l’activité professionnelle.
Supprimer la pénalisation du mariage : oui, mais pas au prix de nouvelles injustices
Comme l’a rappelé Blaise Fasel, l’imposition individuelle n’est pas la clé vers plus d’équité. Il s’agit au contraire d’une réforme complexe, injuste et coûteuse, qui ferait peser une charge fiscale plus lourde sur les familles, les célibataires et la classe moyenne, tout en favorisant les couples disposant de deux revenus élevés.
Selon les premières estimations, près de 50 % des familles valaisannes paieraient davantage d’impôts, environ 40 % resteraient au même niveau, et seules 10 % bénéficieraient d’une baisse. Les couples mariés à un seul revenu ou présentant de fortes disparités de revenus, notamment lorsque l’un des conjoints est proche aidant, seraient particulièrement pénalisés.
Blaise Fasel a également souligné que cette réforme ignorerait la réalité de nombreuses familles et entraînerait un changement de système à tous les niveaux. Les couples mariés devraient remplir deux déclarations fiscales distinctes, soit 1,7 million de déclarations supplémentaires en Suisse, dont près de 100’000 en Valais. Cela impliquerait la création d’environ 50 poste de fonctionnaires supplémentaires dans le canton et des coûts administratifs élevés, supportés in fine par les contribuables.
Enfin, il a rappelé que la pénalisation fiscale du mariage peut être supprimée sans bouleverser le système fiscal. Plusieurs cantons, dont le Valais, ont démontré qu’il existe des solutions plus simples et plus justes.
L’initiative du Centre pour des impôts équitables, qui sera soumise au vote cette année encore, va précisément dans ce sens et c’est cette solution équitable pour tout le monde qu’il convient de privilégier.
➡️ Mot d’ordre du Centre Valais romand : NON à l’imposition individuelle
Le Conseil de parti s’est prononcé clairement en faveur du rejet de l’initiative (80,4 % de non, 17,9 % de oui, 1.8 % d’abstentions).
- Argent liquide : NON à l’initiative, OUI au contre-projet
Initiative populaire « =Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou billets (l’argent liquide, c’est la liberté) » et contre-projet direct (arrêté fédéral)
Cette initiative, déposée par le Mouvement suisse pour la liberté (MSL), vise à garantir le maintien de l’argent liquide en Suisse. Elle demande que les pièces et billets soient toujours disponibles en quantité suffisante et que tout projet de remplacement du franc suisse par une autre monnaie soit soumis au vote du peuple et des cantons. L’objectif est d’inscrire ces principes dans la Constitution fédérale pour répondre aux préoccupations des initiants.
Le Conseil fédéral recommande le rejet de l’initiative, tout en reconnaissant l’importance de l’argent liquide. Il lui oppose un contre-projet direct, qui reprend les principales revendications de l’initiative qui veut inscrire dans la Constitution des garanties déjà prévues par la loi, avec des formulations plus précises et conformes à la pratique actuelle.
Sidney Kamerzin a rappelé que l’approvisionnement en numéraire et l’utilisation du franc suisse sont déjà garantis par la loi, rendant superflue leur inscription dans la Constitution. Il a également souligné les imprécisions juridiques de l’initiative, notamment la notion très floue de « quantité suffisante », source d’ambiguïtés. Par ailleurs, le maintien d’une infrastructure lourde pour les espèces engendrerait des coûts disproportionnés, estimés à plus de 2 milliards de francs par an, alors même que leur usage recule. Enfin, l’évolution vers les paiements électroniques, plus pratiques et sécurisés, résulte d’un choix de la population et non d’une contrainte imposée par l’Etat.
➡️ Mot d’ordre du Centre Valais romand: NON à l’initiative OUI au contre-projet
Le Conseil de parti s’est prononcé clairement en faveur du rejet de l’initiative (78,6 % de non, 14,3 % de oui, 7,1 % d’abstentions) et de l’acceptation du contre-projet direct (87,5 % des voix en faveur, 9,1% contre et 3,4% d’abstentions).
- NON à l’initiative SSR
Initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! »
Huit ans après l’initiative « No Billag », la Suisse est à nouveau appelée à se prononcer sur la redevance radio-télévision. L’initiative populaire « 200 francs, ça suffit ! », lancée par des milieux de droite dure, propose de réduire la redevance des ménages de 335 à 200 francs et d’exonérer totalement les entreprises. Une telle mesure limiterait fortement les moyens de la SSR, qui ne pourrait plus garantir une offre complète de service public dans toutes les régions linguistiques.
Le Conseil fédéral reconnaît la nécessité d’agir, mais recommande le rejet de l’initiative. Il a déjà décidé une baisse progressive de la redevance à 300 francs et l’exonération des entreprises jusqu’à 1,2 million de francs de chiffre d’affaires.
Lors de sa présentation aux membres du Conseil de parti, Sidney Kamerzin a rappelé que cette initiative diviserait presque par deux les ressources de la SSR, entraînant la suppression de nombreux programmes, une forte baisse du sponsoring et la perte d’environ 900 emplois. La SSR serait contrainte de se limiter essentiellement à l’information, au détriment du sport, de la culture, de la formation et des émissions qui contribuent à la cohésion nationale.
La baisse de la redevance serait limitée pour les ménages, alors que la perte de prestations serait considérable. Pour continuer à accéder à ces contenus aujourd’hui proposés par la SSR, il faudrait recourir à des abonnements payants, souvent plus coûteux que la redevance actuelle.
Enfin, Sidney Kamerzin a souligné les risques concrets pour les régions, en particulier pour le Valais : fermeture de bureaux régionaux, centralisation accrue de l’information et perte de capacité à produire, en Suisse, de grands événements sportifs et culturels à l’image de la finale du combat de reine, des épreuves de coupe du monde de ski alpin ou de ski cross. Le service public joue un rôle clé dans la lutte contre la désinformation, dans la protection du débat démocratique et dans la stabilité du pays.
➡️ Mot d’ordre du Centre Valais romand: NON à l’initiative « 200 francs, ça suffit ! »
Le Conseil de parti s’est prononcé contre cette initiative (69,6 % de non, 28.6 % de oui, 1,8 % d’abstentions).
- NON à l’initiative pour un fonds climat
Initiative populaire « Pour une politique énergétique et climatique équitable : investir pour la prospérité, le travail et l’environnement (initiative pour un fonds climat) »
L’initiative populaire « Pour une politique énergétique et climatique équitable : investir pour la prospérité, le travail et l’environnement » propose la création d’un fonds climat financé chaque année par le budget de la Confédération à hauteur de 0,5 à 1 % du PIB, soit jusqu’à 10 milliards de francs par an. Ce fonds viserait à soutenir la décarbonation des transports, des bâtiments et de l’économie, le développement des énergies renouvelables, la sécurité de l’approvisionnement, la formation, les puits de carbone ainsi que la biodiversité.
Benjamin Roduit a rappelé que la Confédération dispose déjà de moyens très importants pour atteindre ces objectifs : environ 2 milliards de francs par an pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique, ainsi que 600 millions supplémentaires pour la biodiversité. La révision de la loi sur le CO₂, la loi sur le climat et l’innovation et la loi sur un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables répondent déjà aux principales exigences de l’initiative. Il n’est donc pas nécessaire de créer un nouveau fonds.
Sur le plan financier, l’initiative pose de sérieux problèmes. Elle prévoit un financement en dehors du frein à l’endettement. A défaut, sa mise en œuvre impliquerait très probablement des hausses d’impôts, avec un impact direct sur les ménages et les entreprises.
Benjamin Roduit a également souligné les risques liés à l’efficacité : un fonds exclusivement alimenté par des moyens publics pourrait affaiblir le principe du pollueur-payeur, entraîner une utilisation inefficiente des ressources et faire concurrence aux investissements privés. Enfin, le projet reste trop flou, notamment quant à l’affectation concrète de montants aussi élevés et au financement des mesures liées aux catastrophes climatiques.
➡️ Mot d’ordre du du Centre Valais romand : NON à l’initiative pour un fonds climat
Le Conseil de parti a clairement rejeté cette initiative, par 87,5 % de non, 7,3% de oui et 5,3% d’abstentions.
